Miqyes de la santé de la PME !
vendredi 2, juin 2017


Ressources humaines
Nous avons tous vécu cela : le manager tunisien a du mal à déléguer. Certains diront même qu’il a peur de déléguer. Un choix qui coûte énormément à la PME tunisienne, principalement en termes de croissance : “Un entrepreneur qui se veut ambitieux par rapport à son entreprise et s’il veut atteindre de hauts niveaux de croissance, il est obligé de déléguer”, déclare Wassel Berrayana, fondateur et CEO de Proxym IT. Déléguer, certes, mais ne faut-il pas commencer par avoir confiance en ses collaborateurs ? “Il faut avoir la démarche formation”, ajoute Berrayana. “Il ne faut pas s’attendre à ce que l’université fournisse le cadre idéal. Il faut rappeler que 65% des élèves des écoles primaires et collèges vont faire des métiers qui n’existent pas aujourd’hui. Donc, l’entreprise doit apprendre à former ses collaborateurs”, a-t-il expliqué.
Accès aux marchés
Alors que la Tunisie arrive, malgré elle, à exporter ses talents, elle peine toujours à élargir ses marchés. Que faut-il faire ? Est-ce le rôle du privé de conquérir de nouveaux terrains, ou est-ce que c’est à l’État d’ouvrir de nouvelles portes ? “Avant de parler de l’accès aux marchés, il faut commencer par créer une culture de l’export; un exportateur ne peut pas se permettre de penser à court terme”, a lancé Farid Tounsi, fondateur de Tunisie Afrique Export. L’approche marketing fait aussi défaut, d’après Tounsi. “La Tunisie dispose de 26 pépinières d’entreprises qui font un énorme travail en termes de business plan, de montage d’entreprises, … mais rien pour l’aspect commercialisation et au niveau de l’approche marché”, regrette-t-il. Et d’ajouter : “En élaborant une politique d’assistance aux PME dans les années 70 — chose positive dans le temps — nous avons, malheureusement, habitué l’entreprise à une logique d’assistanat. Pour le privé, le politique doit être un appui plus qu’un chef de file”. Mais le problème de l’export n’a-t-il pas peut-être des racines ici même ? En d’autres termes, comment voulons-nous que l’entreprise tunisienne conquière des marchés à l’extérieur alors qu’un entrepreneur sur deux trouve que les pots-de-vins sont nécessaires pour pouvoir travailler ? Sans oublier les ralentissements imposés par les différents départements de l’administration tunisienne.
Financement
Sans doute, le financement est l’une des plus grandes problématiques que peut rencontrer la PME. Ceci est vrai aussi bien à la création qu’au développement. Financer la restructuration d’une PME en difficulté est encore pire. “En Tunisie, nous avons le luxe de disposer d’un Fonds de soutien aux PME avec 55 millions de dinars”, a déclaré Slim Feriani, Pdg de la BFPME. “Je compte renouveler cette ligne de crédit pour sauver des emplois”. Les banques commerciales sont souvent jugées très exigeantes vis-à-vis des entrepreneurs, sans parler des PME. “Environ 75% de nos engagements sont constitués par des crédits accordés aux entreprises”, a fait remarquer Maya Blagui Zarrouk, chargée de la division Développement moyennes entreprises, Corporate ATB. “La plupart du temps, le promoteur agit seul, sans l’accompagnement d’un DAF, par exemple. Du coup, il évalue mal ses besoins de financement, aussi bien en investissements qu’en crédits de gestion”, a-t-elle expliqué. D’où le taux important de refus des demandes de financement des entreprises.L’action gouvernementale
Le gouvernement était représenté par Zied Laadhari, ministre du Commerce et de l’Industrie, qui a rappelé les quatre axes transversaux de l’action gouvernementale.