Changements organisationnels et nouvelles pratiques managériales
samedi 16, février 2019
Les changements rapides que connaît le marché local ont poussé les entreprises tunisiennes à se rendre à l’évidence : il est temps d’adapter les meilleures pratiques managériales. Que faut-il faire et comment faut-il le faire ? Souad Annabi Hajjam, consultante en développement de l’organisation et du leadership, nous apporte des éclaircissements.
Les entreprises tunisiennes sont en train d’adhérer à un formalisme rigoureux avec l’adoption d’organigrammes clairs et la présence quasi systématique de fiches de poste détaillées. Ces outils sont encore plus importants pour les entreprises dont le développement s’accélère. En effet, plus la taille de l’entreprise est importante, plus il devient difficile de savoir qui fait quoi, explique Souad Annabi.
Il est de ce fait vital pour l’entreprise que son organigramme soit partagé et qu’il soit mis à jour régulièrement. Ceci est particulièrement important dans un contexte général d’instabilité. Les changements de comportement des consommateurs, l’évolution technologique, et bien d’autres facteurs poussent les entreprises à réviser plus régulièrement leur stratégie et donc leur organisation interne ― une fois tous les deux ans, en moyenne, au lieu d’une fois tous les cinq ans. “Une entreprise que j’accompagne a procédé à deux opérations de réorganisation en moins de trois ans”, a souligné notre interlocutrice.
En marge de cette évolution, certains métiers, jadis peu considérés, ont manifestement pu renforcer leur positionnement dans l’organigramme, tels que les métiers de contrôle (contrôle de gestion, contrôle interne …). “Ceci marque la volonté des entreprises à mieux piloter leur performance et à gérer les risques”, a expliqué Annabi. De son côté, la fonction de développement de ressources humaines s’est presque partout détachée de la direction financière pour former un département indépendant focalisé, à plus d’un niveau, sur le développement des compétences des collaborateurs.
Car, dans un marché de plus en plus compétitif, des collaborateurs hautement qualifiés représentent un avantage compétitif important. Accompagner les managers pour leur permettre d’acquérir les bonnes pratiques managériales améliore considérablement la rétention des talents, une ressource qui se raréfie de plus en plus. Renforcer le middle-management permet, pour sa part, de doter l’entreprise de l’agilité nécessaire pour s’adapter rapidement aux perturbations brusques. La communication interne connaît aussi un grand essor. “Son rôle est de renforcer le sentiment d'appartenance, et d’assurer que chaque employé assimile bien sa contribution à la performance globale de l'entreprise”, a expliqué Annabi.
Ces changements ont notamment été opérés suite à un besoin d'adaptation constaté par les entreprises à la conquête de marchés internationaux, a souligné la consultante. Cette expansion a créé un besoin accru au sein de ces entreprises d'élever le niveau de qualité, de gérer les risques et de maîtriser la croissance d'où aussi une formalisation, synonyme de structure bien établie et de rigueur. “Débarquer dans des marchés à l’étranger requiert aussi un minimum de certifications - tel l’ISO - qui exigent des niveaux avancés de formalisation”, ajoute Annabi.