Changeons l’économie, “changeons le change”
lundi 15, juillet 2019
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De G. à D.: Marouan Abassi, Badreddine Ouali, Aymen Erraies et Moez Laabidi[/caption]
La croissance est aujourd’hui en panne faute d’investissements qui sont en nette diminution durant ces dernières années à cause du climat des affaires. Ainsi, on ne peut pas parler d’exportation sans investissements et le change en fait partie", a déclaré Riadh Azaïez, président de la Chambre de commerce tuniso-belgo-luxembourgeoise. Faible croissance économique, déficit courant, uniquement 76 jours d’importation… autant d’éléments qui font qu’on ne peut concevoir une convertibilité totale du dinar en Tunisie, a lancé d’emblée le gouverneur de la Banque centrale, Marouane Abassi. Badereddine Ouali fondateur de Vermeg abonde dans le même sens : "L’économie ne peut pas avoir une devise qu’elle ne peut pas défendre", précisant que la Banque centrale est faussement incriminée pour une réglementation de change moyenâgeuse dont elle n’est pas responsable. Toutefois, elle s’attelle à l’appliquer avec beaucoup de zèle.
« Seule l’amnistie de change est capable d’offrir une certaine flexibilité quant à l’ouverture des comptes en devises tout en respectant la loi », rétorque Marouane Abassi. Et d’ajouter : « D’ailleurs, cette loi sur l’amnistie de change aurait dû être votée depuis longtemps ». Il précise qu’elle permettra également au pays d’avoir des réserves en devises décentes qui contribueront à la stabilisation du taux de change et ainsi à la création des investissements ». Instaurer la confiance et voter la loi sur l’amnistie de change seraient, selon lui, les meilleures décisions à prendre et dès maintenant. « C’est un excellent moment pour résoudre beaucoup de problèmes en même temps notamment avec la stabilité du dinar », a souligné Abassi. Issa Hidoussi, PDG Best Lease conforte cette idée de réaliser l’amnistie au plus vite.
Moez Laabidi, professeur en sciences économiques, s’inscrit en contradiction avec le choix du timing, affirmant que les expériences internationales montrent que pour plus d’efficacité, il faut que l’amnistie s’effectue le lendemain des élections et non pas la veille. Il ajoute que celle-ci va générer un effet de stock qui doit être complémenté par un effet de flux généré par l’autorisation des comptes en devises. Il explique que pour que ces derniers drainent les devises des Tunisiens à l’étranger, il faut qu’ils soient rémunérés à deux points de marge au-dessus du Libor ou de l’ Euribor. Par ailleurs, Issa Hidoussi s’est interrogé sur utilité de l’amnistie si elle n’est pas accompagnée d’une amnistie pénale et d’une amnistie fiscale. Selon M. Hidoussi, « C’est à trois dimensions qu’il faut approcher ce problème en mettant en place la confiance ».
De G. à D.: Marouan Abassi, Badreddine Ouali, Aymen Erraies et Moez Laabidi[/caption]
La croissance est aujourd’hui en panne faute d’investissements qui sont en nette diminution durant ces dernières années à cause du climat des affaires. Ainsi, on ne peut pas parler d’exportation sans investissements et le change en fait partie", a déclaré Riadh Azaïez, président de la Chambre de commerce tuniso-belgo-luxembourgeoise. Faible croissance économique, déficit courant, uniquement 76 jours d’importation… autant d’éléments qui font qu’on ne peut concevoir une convertibilité totale du dinar en Tunisie, a lancé d’emblée le gouverneur de la Banque centrale, Marouane Abassi. Badereddine Ouali fondateur de Vermeg abonde dans le même sens : "L’économie ne peut pas avoir une devise qu’elle ne peut pas défendre", précisant que la Banque centrale est faussement incriminée pour une réglementation de change moyenâgeuse dont elle n’est pas responsable. Toutefois, elle s’attelle à l’appliquer avec beaucoup de zèle.
« Seule l’amnistie de change est capable d’offrir une certaine flexibilité quant à l’ouverture des comptes en devises tout en respectant la loi », rétorque Marouane Abassi. Et d’ajouter : « D’ailleurs, cette loi sur l’amnistie de change aurait dû être votée depuis longtemps ». Il précise qu’elle permettra également au pays d’avoir des réserves en devises décentes qui contribueront à la stabilisation du taux de change et ainsi à la création des investissements ». Instaurer la confiance et voter la loi sur l’amnistie de change seraient, selon lui, les meilleures décisions à prendre et dès maintenant. « C’est un excellent moment pour résoudre beaucoup de problèmes en même temps notamment avec la stabilité du dinar », a souligné Abassi. Issa Hidoussi, PDG Best Lease conforte cette idée de réaliser l’amnistie au plus vite.
Moez Laabidi, professeur en sciences économiques, s’inscrit en contradiction avec le choix du timing, affirmant que les expériences internationales montrent que pour plus d’efficacité, il faut que l’amnistie s’effectue le lendemain des élections et non pas la veille. Il ajoute que celle-ci va générer un effet de stock qui doit être complémenté par un effet de flux généré par l’autorisation des comptes en devises. Il explique que pour que ces derniers drainent les devises des Tunisiens à l’étranger, il faut qu’ils soient rémunérés à deux points de marge au-dessus du Libor ou de l’ Euribor. Par ailleurs, Issa Hidoussi s’est interrogé sur utilité de l’amnistie si elle n’est pas accompagnée d’une amnistie pénale et d’une amnistie fiscale. Selon M. Hidoussi, « C’est à trois dimensions qu’il faut approcher ce problème en mettant en place la confiance ».