Les messages de Bjorn Rother, chef de mission du FMI en Tunisie
jeudi 18, juillet 2019
Le grand message de Bjorn Rother est l’engagement effectif de la Tunisie dans une stabilisation macroéconomique. Non sans mentionner que la rigueur budgétaire imposée n’était pas une fin en soi mais un instrument pour renforcer les fondements de la croissance économique. Elle est justifiée aux yeux de l’argentier mondial par un accroissement des vulnérabilités durant les deux dernières années telles que la hausse de l’endettement public et externe, l’accroissement de l’inflation ainsi que la baisse des réserves de la Banque centrale. Ceci s’est traduit par une stabilisation et une mobilisation des politiques pour réduire progressivement le déficit budgétaire. Résultat des manœuvres : le déficit est passé de 6% en 2017 à 3,9% en 2019, ce qui est de nature à freiner l’accroissement de l’endettement public.
Le responsable du FMI affirme que le gouvernement a bel et bien adopté une approche volontariste pour maîtriser et améliorer la qualité du déficit.
Autre élément de satisfaction lors de cette 5ème revue est la hausse du taux directeur et le resserrement du taux de financement des banques qui ont été à l’origine de la maîtrise relative de l’inflation. Ajouté à cela, la flexibilité du dinar dont la valeur est déterminée à travers un équilibre entre l’offre et la demande. Ce qui est de nature à équilibrer la balance courante. Un effet qui reste encore à démontrer !
Bjorn a signalé que d’autres volets ont été mis en œuvre pour accompagner les politiques de stabilisation et la hausse des prix de l’énergie, notamment le renforcement de la protection sociale. Ainsi, les transferts vers les familles vulnérables ont été accentués. Aussi, il a été mentionné une consolidation des piliers d’une croissance inclusive.
« On a observé que les politiques fiscales et monétaires développent leurs impacts anticipés. D’abord, le budget est conforme au cycle budgétaire et les politiques monétaires sont parvenues à faire baisser l’inflation », a-t-il déclaré.
Marouane Al Abassi a, de son côté, exprimé sa satisfaction à retrouver un taux d’intérêt réel positif grâce à l’augmentation de 175 points de base en une année et d’autres mesures telles que les 40%/60% ou le crédit loan to deposit. C’est carrément un changement de comportement. Les prix s’approchent des coûts d’opportunité. L’inflation se stabilise malgré un niveau élevé de l’inflation sous-jacente.