Femmes rurales : acteur majeur dans la lutte contre le changement climatique
lundi 18, novembre 2019
Face aux conséquences dramatiques du réchauffement climatique, la Tunisie s’est engagée dans l’action mondiale visant à lutter contre ce fléau. D’où, à titre d’exemple, l’intégration des ODD des Nations Unies (Objectifs de Développement Durable) au dernier plan de développement 2016-2020. Quels sont les mécanismes qui peuvent être mis en place afin de lutter contre le changement climatique ? Cette problématique a été abordée sous un angle sociologique lors d’un séminaire organisé à Tunis le lundi 18 novembre 2019, par le Centre International du Développement Local et de la Bonne Gouvernance, en partenariat avec le Ministère de la Femme, celui de l’Environnement et celui de l’Agriculture.
Il s’agissait, en fait, de définir le rôle de la femme - notamment celle qui vit dans le milieu rural - en matière de lutte contre le changement climatique. Plusieurs invités de marque étaient présents lors de ce séminaire, à l’instar de la Ministre de la Femme, Naziha Laabidi, du Ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Mokhtar Hammami, ou encore de la Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Environnement, Basma Jebali. Des spécialistes étaient également de la partie, à l’exemple de Samira Ben Hassine, directrice générale des affaires de la femme et de la famille au sein du département de la Femme. Celle-ci a présenté, lors de son intervention, la stratégie nationale de la réhabilitation économique et sociale de la femme dans les milieux ruraux, dont l’objectif est de les intégrer dans la lutte contre le changement climatique.
Éradiquer les inégalités, quelles qu’elles soient
La stratégie s’étend sur la période 2017-2020. Adoptée en Conseil des Ministres le 11 août 2017, elle présente un coût total de 53 millions de dinars, dont 28,930 millions de dinars en provenance des caisses de l’Etat. D’après Samira Ben Hassine, l’objectif principal est d’éliminer les inégalités entre les femmes et les hommes. Il s’agit, aussi, d’éradiquer les inégalités entre les femmes vivant dans les milieux ruraux et celles qui vivent dans les villes, notamment en matière d’accès à l’eau potable, à l’éducation, au transport, à la culture, ou encore aux loisirs. “Plus de 40% de la population est au chômage dans les régions intérieures. Pis encore : les femmes actives dans l’agriculture sont marginalisées”, a déclaré la directrice générale des affaires de la femme et de la famille. La stratégie nationale est orientée vers 5 principaux axes.Une réhabilitation économique
Le but est, tout d’abord, de réhabiliter les femmes du milieu rural sur le plan économique, en instaurant, notamment, l’égalité salariale dans le secteur agricole. La stratégie vise également à offrir aux femmes l’occasion de migrer du secteur informel vers le secteur formel. Il y a, aussi, la question de l’accès au financement. Cette dernière constitue un obstacle majeur empêchant les femmes rurales de lancer leurs projets, et ce malgré la mise en place du programme Raida - la leader - par le Ministère de la Femme et la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS).Une réhabilitation sociale
La stratégie nationale vise, d’un autre côté, à réhabiliter les femmes rurales sur le plan social. Et là encore, il y a du pain sur la planche compte tenu de la mentalité patriarcale dominante dans les zones en question. De fait, l’Etat veut lutter contre les violences faites aux femmes, qu’elles soient économiques, ou physiques. Il s’agit, aussi, de leur garantir des conditions de travail décentes, de les protéger de l’abandon scolaire et de leur permettre de profiter d’une couverture sociale. “Seulement 10,5% des femmes rurales ont accès à une couverture sociale”, a précisé Samira Ben Hassine.Une plus grande participation à la chose publique
Le troisième axe vise, pour sa part, à accroître la participation des femmes à la chose publique, et ce à travers, notamment, l’éducation à la citoyenneté.Une meilleure qualité de vie
Le quatrième axe est relatif à la qualité de vie dans les milieux ruraux. Il s’agit, en effet, de la garantir à travers la mise en place des infrastructures nécessaires. Ainsi, il sera possible de faciliter l’accès à la culture, aux loisirs, ou encore à l’éducation au profit des femmes.Un état des lieux
Enfin, le dernier axe vise à mieux définir les besoins des milieux ruraux et de les évaluer. Au total, dans l’optique de la stratégie nationale de la réhabilitation économique et sociale de la femme dans les milieux ruraux, 76 mécanismes ont été mis en place. Selon la directrice générale des affaires de la femme et de la famille, 10 départements ministériels sont mobilisés en vue de l’appliquer, et ce, sans compter les institutions publiques (INS, CNAM).