Tunisie-Zleca : que faire maintenant ?
vendredi 6, mars 2020
Lors d’une plénière tenue hier, jeudi 5 mars 2020, les députés n’ont pas réussi à adopter un projet de loi organique relatif à la convention fondatrice de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).
En effet, seulement 100 députés ont voté favorablement pour cette loi, 11 ont été contre et 18 députés ont préféré s’abstenir. N’ayant pas atteint le seuil minimum de voix, cette loi n’a pas donc été adoptée.
Ainsi, la Tunisie ne pourra pas se joindre à cette zone de libre-échange ― la plus grande du monde ― bien qu’elle ait signé la convention relative à l’adhésion à cette zone le 21 mars 2018. La zone de libre-échange africaine est, elle, opérationnelle depuis le 30 mai 2019.
La Tunisie sera-t-elle condamnée à jamais à rester en dehors de la Zleca ? Pas vraiment.
Contacté par nos soins, Karim Ben Becheur, directeur général des affaires africaines au ministère des Affaires Étrangères, a indiqué que la Tunisie pourra joindre la Zleca à tout moment suite à la ratification de la convention d’adhésion par le parlement. Dans ce cadre, Ben Becheur a indiqué que la loi sera déposée une deuxième fois au parlement. Seul bémol : le règlement intérieur de l’Assemblée des Représentants du Peuple exige un délai de trois mois avant de re-déposer le projet de loi.
Pour sa part, Amel Ouertatani, députée de Qalb Tounes, a indiqué au Manager que son parti n’a pas été contacté par la coalition gouvernante pour coordonner les positions avant le vote. “Nous sommes conscients de l’importance de cette loi pour l’économie tunisienne”, a-t-elle souligné, “mais la coalition du gouvernement n’a pas pu assurer la majorité qui lui permet de faire passer ce texte”.