Le coronavirus accélère-t-il la transition vers le "Robotariat"?
mardi 16, juin 2020
Cette digitalisation forcée est supposée s'accentuer après la pandémie. Plusieurs raisons pourraient expliquer cette tendance. D'abord, les solutions digitales sont plus efficientes et plus efficaces que les humains. Des statistiques publiées par le magazine WIRED montrent qu'en moyenne, un algorithme remplacerait 2000 employés de bureau. Ensuite, les entreprises seraient enclines à justifier les investissements réalisés durant la crise pandémique en essayant de les rentabiliser. Enfin, des approches de digitalisation moins contraignantes techniquement, simples à adopter et pas chères incitent les entreprises à passer à une automatisation totale et rapide.
Ce glissement, non-contrôlé, vers l'automatisation fait resurgir à la surface des vieilles craintes : l’éventuel remplacement des humains par des machines.
Le Robotariat, un néologisme proposé par Laurent Teboul, signifiait la substitution des technologies aux employés. Ce phénomène n'est pas nouveau. Nous l'avons connu avec la robotisation de l'industrie. La crainte, aujourd'hui, est que nous sommes en train de robotiser des processus qui sont habituellement assurés par des humains. Et en particulier, le travail de bureau et les processus de prise de décision.
La question qui se pose est de savoir quel secteur serait en mesure d'absorber cette manne ouvrière fraîchement mise à la porte ? Si l'on croit les adeptes de la Théorie du Déversement (Alfred Sauvy) ou encore ceux de la Théorie Autrichienne "Des Cycles" quand on perd de l'emploi dans un secteur donné ou quand on arrive à la fin d'un cycle économique, un nouveau secteur émergerait pour accueillir cette main d'œuvre.
Dans les années 70, il y a eu le déversement des emplois du secteur industriel dans le secteur tertiaire. Plus tard, et à partir des années 90, on a connu le même phénomène lors du passage du tertiaire au secteur de la technologie. Ou encore lors de la crise des « subprimes » en 2008 qui a favorisé l'émergence d'une nouvelle économie. Notamment autour des plateformes digitales et des réseaux sociaux.