Détroit d'Ormuz: sa fermeture fait trembler les marchés pétroliers
lundi 2, mars 2026
Le détroit d'Ormuz, c'est ce petit couloir de 50 kilomètres que la plupart des gens ne sauraient pas situer sur une carte — et pourtant, un baril de pétrole sur cinq dans le monde y passe chaque jour. Depuis le 28 février, il est fermé. Et les marchés l'ont senti immédiatement.
En quelques heures à peine, le trafic de pétroliers a été divisé par deux. Quelque 240 navires se sont retrouvés à l'arrêt, immobilisés aux portes du Golfe comme une file de camions devant un pont coupé. Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd — les plus grands noms du transport maritime mondial — ont suspendu leurs opérations les uns après les autres, sans savoir quand ils pourraient reprendre.
À l'ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent s'est envolé à plus de 82 dollars, contre 72 dollars la semaine précédente. Une hausse de 13% en trois séances. Et selon plusieurs sources, la hausse pourrait atteindre 120, voire 140 dollars le baril si la situation perdurait. Le Financial Times a même avancé le chiffre de 200 dollars dans le scénario le plus pessimiste.
Des économies impactées
Les économies les plus exposées sont l'Asie: la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud font transiter entre 70 et 80% de leur pétrole par ce passage. Pour le consommateur ordinaire, les répercussions se feront sentir à la pompe et dans les prix du transport.
Tout repose désormais sur la durée du blocage. L'OPEP se réunira le 5 avril pour évaluer la situation. Mais augmenter la production ne servira à rien si les navires ne peuvent pas prendre la mer.
Le verrou est fermé. La question est: pour combien de temps?